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Auteurs de la Grèce antique

Pindare

Biographie

Pindare est l'un des plus célèbres poètes lyriques grecs.

Forte personnalité profondément attachée à la religion traditionnelle et à l'antique aristocratie dorienne qui prédominait à Thèbes, Pindare n'aimait pas Athènes dont l'esprit démocratique l'inquiétait : préférant les villes gouvernées par une aristocratie sachant instaurer l'Eunomie (le « bon ordre », du grec ancien εὐνομία), il a consacré ses chants à célébrer ce vieil idéal. En digne héritier de la conception aristocratique et dorienne du concours athlétique, Pindare est le premier à faire de l'épinicie, hymne de triomphe, sorte de poème dont la signification est à la fois religieuse et morale. Considéré dès l'Antiquité comme le maître incontesté et inimitable du lyrisme choral grec, synthèse de l'art poétique, musical et chorégraphique, il inaugure en outre dans ses Odes triomphales un art puissant aux rythmes savants où foisonnent des images somptueuses, art redécouvert par les Modernes seulement au XIXe siècle, et qui a inspiré les plus grands poètes.

Le corpus pindarique nous est parvenu sous la forme de papyrus (du IIe siècle av. J.-C. au IIe siècle ap. J.-C.), comprenant de nombreux fragments de péans et des épinicies. Nous disposons également des manuscrits des XIIe et XIIIe siècles. Ils proviennent d'une sélection effectuée au IIIe siècle et ne comprennent que des épinicies.

Nous avons conservé de Pindare quatre livres d'épinicies ou odes triomphales, (en grec ancien ἐπίνικοι / epinikoi) : ces chants de victoire composés en l'honneur des vainqueurs des quatre Jeux panhelléniques, étaient chantés ensuite par des chœurs de danseurs sur le passage du vainqueur. Dans ses épinicies, Pindare ne célèbre pas tant la performance sportive que la valeur personnelle de l'athlète.

Les épinicies ne représentent qu'environ le quart de l'ensemble de l'œuvre de Pindare, ce qui rend difficile d'apprécier dans toute sa diversité l'art de ce poète et de juger l'évolution de son style ; l'énormité de sa production, chiffrée à environ vingt-quatre mille vers (au sens de κῶλα / périodes, séquences) comprenait également des hymnes, des péans, des chants de procession, des chants pour chœurs de vierges (παρθένια, parthénies), des chants de louange (ἐγκώμια), des dithyrambes, des chants à boire, des thrènes à l'occasion du trépas d'un grand personnage et des chants de chœur dansés en l'honneur d'Apollon, appelés hyporchèmes, ὐπορχήματα. De ces recueils perdus, nous n'avons conservé qu'environ cinq cents vers sous forme de fragments. Parmi les fragments les plus étendus, on peut citer le péan Pour les Abdéritains, et surtout le péan Aux Delphiens. L'ensemble constituait 17 livres, édités par les grammairiens alexandrins Zénodote et Aristophane de Byzance à partir de copies ou des éditions originales. C'est Aristophane qui regroupe les Odes en quatre livres, suivant les Jeux concernés : les Olympiques, les Pythiques, les Néméennes et les Isthmiques.

Œuvres

Olympiques, Pythiques, Néméennes, Isthmiques

Ses citations

(77)
  • Il est aisé d'ébranler un empire, les moindres citoyens le peuvent, mais combien n'est-il pas plus difficile de le rasseoir sur ses bases, à moins qu'un dieu puissant ne dirige les efforts des rois.

    Pythiques, IV
  • Ce n'est point à notre épée ni aux débats sanglants de la guerre, mais à notre droit que nous devons en appeler pour diviser entre nous l'honorable héritage de nos ancêtres.

    Pythiques, IV
  • Les Parques mêmes ont en horreur ceux qui ne rougissent pas de rompre les liens du sang par de honteuses inimitiés.

    Pythiques, IV
  • L'esprit des hommes est malheureusement plus prompt à applaudir aux richesses acquises par la fraude qu'à en prévenir les suites funestes.

    Pythiques, IV
  • La vertu devient immortelle mais peu d'hommes sont capables de la célébrer dignement.

    Pythiques, III
  • Rien de plus inconstant que le souffle impétueux des vents ; ainsi la félicité des mortels n'est jamais durable.

    Pythiques, III
  • Le sage seul ne montre au dehors que le bien qu'il reçoit.

    Pythiques, III
  • N'aspire point à la vie des Immortels, et n'entreprends jamais rien au-dessus de tes forces.

    Pythiques, III
  • Mortel, que tes vœux soient d'un homme ; qu'ils soient conformes à tes destins.

    Pythiques, III
  • Que ne peut l'appât du gain sur le cœur même du sage !

    Pythiques, III
  • Telle est la folie des pauvres humains : souvent ils conçoivent un mépris insensé pour les biens dont ils peuvent jouir, et ne soupirent qu'après ceux dont ils sont éloignés, attachant à des avantages chimériques un espoir qui ne peut s'accomplir.

    Pythiques, III
  • Il faut alléger par la patience le joug qui nous est imposé, et ne nous point irriter contre l'aiguillon.

    Pythiques, II
  • L'insensé ! Sa passion est un poids qui l'entraîne à sa perte, un cruel ulcère lui a rongé le cœur avant qu'il ait recueilli le fruit de ses trames criminelles.

    Pythiques, II
  • La prospérité même n'adoucit pas l'envieux.

    Pythiques, II
  • Bien coupable est le mortel qui se raidit contre les décrets des dieux ; eux seuls peuvent accorder les dons de la fortune aux uns, et ceux de la gloire aux autres.

    Pythiques, II
  • Quelle que soit l'autorité qui régisse un empire, que le pouvoir soit le partage d'un seul, de la multitude turbulente ou d'un petit nombre de sages, celui dont la bouche ne trahit point la vérité est toujours digne du premier rang.

    Pythiques, II
  • Jamais les mensonges du fourbe ne trouvèrent crédit auprès de l'homme vertueux.

    Pythiques, II
  • Préférons mille fois à tous les biens d'honorables possessions heureusement unies à la sagesse.

    Pythiques, II
  • Dieu dispose de tout à son gré : plus rapide que l'aigle qui fend les airs, que le dauphin qui fuit au milieu des ondes, il brise l'orgueil des mortels ambitieux et comble les autres d'une gloire impérissable.

    Pythiques, II
  • Mortels, apprenez à ne jamais former des vœux au-dessus de votre faible nature.

    Pythiques, II

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