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Auteurs de la Rome antique

Sénèque

Biographie

Sénèque est un philosophe de l'école stoïcienne, un dramaturge et un homme d'État romain du Ier siècle. Il est parfois nommé Sénèque le Philosophe, Sénèque le Tragique ou Sénèque le Jeune pour le distinguer de son père, Sénèque l'Ancien.

Conseiller à la cour impériale sous Caligula et précepteur de Néron, Sénèque joue un rôle important de conseiller auprès de ce dernier avant d'être discrédité et acculé au suicide. Ses traités philosophiques comme De la colère, De la vie heureuse ou De la brièveté de la vie, et surtout ses Lettres à Lucilius exposent ses conceptions philosophiques stoïciennes. Pour lui, « le souverain bien c'est une âme qui méprise les événements extérieurs et se réjouit par la vertu. »

Ses tragédies constituent l'un des meilleurs exemples du théâtre tragique latin avec des œuvres qui nourriront le théâtre classique français du XVIIe siècle comme Médée, Œdipe ou Phèdre.

Sénèque est le représentant le plus complet de la doctrine stoïcienne, bien qu'il ne soit pas jugé comme le plus exact, car il n'est pas un simple interprète. Sur plus d'un point il s'émancipe et substitue à l'autorité des maîtres de la Grèce sa propre réflexion. En cela, on a pu juger qu'il était bien un Romain, « Je ne me suis fait l'esclave de personne, je ne porte le nom de personne ». (« Non me cuiquam mancipaui, nullius nomen fero. »)

Œuvres

De la vie heureuse, De la brièveté de la vie, Agamemnon, Les Phéniciennes

Ses citations

(186)
  • Le sommeil est indispensable à la réparation des forces ; cependant le prolonger et le jour et la nuit serait une vraie mort.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Regarde ces solitudes vides durant plusieurs milles de toute habitation : c'est la colère qui les a dépeuplées.

    De la colère, I, II
  • L'incontinence, la peur, l'audace, ont leurs indices et peuvent se pressentir ; car nulle pensée n'agite vivement l'intérieur de l'homme sans qu'une émotion quelconque paraisse sur son visage.

    De la colère, I, I
  • Les hommes ne courraient pas avec tant d'ardeur aux divertissements et aux jeux, si un attrait naturel ne s'y rattachait : mais l'abus en ce genre ôte à l'esprit toute consistance et tout ressort.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Il faut donner du relâche à la pensée : elle se relève, après le repos, plus ferme et plus énergique.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Que l'esprit non plus ne soit pas toujours également tendu : appelons-le parfois aux délassements.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • La solitude guérit du dégoût de la foule, la société dissipe l'ennui de l'isolement.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Il n'est point d'animal si terrible, si malfaisant de sa nature, qui ne montre, dès que la colère l'a saisi, un nouveau degré de férocité.

    De la colère, I, I
  • Les autres peuvent se cacher, se nourrir en secret : la colère se fait jour, se produit sur le visage, et plus elle est forte, plus elle bouillonne et se manifeste.

    De la colère, I, I
  • Il faut se retirer souvent en soi-même ; la fréquentation d'hommes qui ne nous ressemblent pas trouble l'âme la mieux réglée, réveille les passions et irrite ce qu'il peut y avoir en nous de parties faibles et mal guéries.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • La distance est grande entre la franchise et le trop d'abandon.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • La colère, comme la démence, ne se maîtrise point, oublie toute bienséance, méconnaît toute affection, opiniâtre, acharnée à son but, sourde aux conseils et à la raison.

    De la colère, I, I
  • La colère est de toutes les passions la plus horrible et la plus effrénée.

    De la colère, I, I
  • Le dédain que nous attirerait la franchise vaut mieux que le supplice d'une continuelle dissimulation.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • On court le risque d'être mésestimé, si tout en nous est sans voile pour tous ; car bien des gens dédaignent ce qu'ils abordent de trop prêt.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Il est encore une source féconde de sollicitudes, c'est le pénible soin qu'on prend de se composer et de ne se jamais montrer tel qu'on est, comme font tant d'hommes dont toute la vie est un mensonge, une représentation de théâtre.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Je ne veux pleurer ni l'homme qui est dans la joie ni celui qui verse des larmes : le premier a séché les miennes ; l'autre, s'il en répand, n'est plus digne d'en obtenir de moi.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Une autre considération bien légitime qui d'ordinaire contriste l'âme et la jette dans l'anxiété, c’est la fin malheureuse des hommes vertueux.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Elle est tellement invétérée en nous cette fausse honte qui nous assujettit à l'opinion, que la chose la plus naturelle, la douleur, arrive elle-même à l'affectation.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Dans tes chagrins personnels, ne donne à la douleur que ce qu'exige non l'usage, mais la raison. Car le grand nombre ne verse de larmes que pour être vu ; elles tarissent quand les témoins s'en vont.

    De la tranquillité de l'âme, XV

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