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Auteurs de la Grèce antique

Épictète

Biographie

Épictète, qui signifie « homme acheté, serviteur » en grec, est un philosophe de l'école stoïcienne. Sa vie est relativement peu connue, et il ne laissa aucune œuvre écrite de sa main. Son disciple Arrien assura la transmission de son œuvre en publiant les notes prises lors des leçons de son maître, en huit livres, dont la moitié sont aujourd'hui perdus, ainsi qu'un condensé de doctrine morale, le Manuel, textes qui eurent une influence certaine sur Marc Aurèle.

Épictète met fortement en avant la partie éthique de la philosophie. Bien qu'il enseigne également la logique stoïcienne, il insiste fortement sur la prépondérance de l'action, et sa philosophie est avant tout pratique. Fidèle aux conceptions traditionnelles de l'école du portique, il présente l'Homme comme soumis au destin ordonné par les dieux. Son enseignement se veut une méthode pour atteindre le bonheur par l'ataraxie, la paix de l'âme en acceptant, avec courage et amour, tout décret du destin inexorable, en accomplissant loyalement son devoir en dépit des circonstances, et en agissant avec bienveillance envers les autres Hommes.

Œuvres

Manuel d'Épictète, Entretiens d'Épictète

Ses citations

(83)
  • De même qu’en te promenant tu prends garde à mettre le pied sur un clou ou à te donner une entorse, de même fais attention à ne pas nuire à la partie supérieure de ton âme.

    Manuel, XXXVIII
  • Quand tu as pris un rôle au-dessus de tes forces, non seulement tu y as fait une pauvre figure, mais encore tu as laissé de côté celui que tu aurais pu remplir.

    Manuel, XXXVII
  • Quand tu manges avec un autre, souviens-toi de ne pas considérer seulement la valeur de ce qu’on sert par rapport au corps, mais aussi de garder les égards que l’on doit a celui qui donne le festin.

    Manuel, XXXVI
  • Quand tu fais quelque chose, après avoir reconnu qu’il le faut faire, ne crains pas d’être vu le faisant, quelque défavorablement que le vulgaire en doive juger.

    Manuel, XXXV
  • Représente-toi les deux moments, celui où tu jouiras du plaisir et celui où, après en avoir joui, tu te repentiras et t’accableras toi-même de reproches ; mets en balance la joie que tu éprouveras à t’abstenir et les félicitations que tu t’adresseras.

    Manuel, XXXIV
  • Quand une idée de plaisir se présente à ton esprit, fais comme pour les autres, prends garde de te laisser emporter, diffère d’agir, et obtiens de toi-même quelque délai.

    Manuel, XXXIV
  • Il est facile de se laisser aller à tenir des propos obscènes. Quand il arrive quelque chose de pareil, tu peux, si c’est à propos, aller jusqu'à faire des reproches à celui qui se le permet.

    Manuel, XXXIII, 15
  • Évite de chercher à faire rire. On est induit par là à glisser dans le genre de ceux qui ne sont pas philosophes, et en même temps cela peut diminuer les égards que les autres ont pour toi.

    Manuel, XXXIII, 14
  • Dans la conversation, évite de parler beaucoup et sans mesure de ce que tu fais ou des dangers que tu as courus.

    Manuel, XXXIII, 13
  • Quand tu fais des visites à un homme puissant, représente-toi d’avance que tu ne le trouveras pas chez lui, qu’on ne t’admettra pas, qu’on te fermera la porte sur le nez, qu’il ne se souciera pas de toi.

    Manuel, XXXIII, 12
  • Quand tu dois avoir affaire à quelqu'un, particulièrement à quelqu'un de puissant, représente-toi ce que Socrate ou Zénon aurait fait en pareil cas, et tu ne seras pas embarrassé pour te comporter convenablement dans la circonstance.

    Manuel, XXXIII, 11
  • Ne te décide pas à la légère et facilement à assister à des lectures publiques. Quand tu y viens, garde une attitude grave et calme qui n'ait pourtant rien de désagréable.

    Manuel, XXXIII, 10
  • Abstiens-toi entièrement de crier, de rire de tel acteur, de partager les passions des spectateurs. Quand le spectacle est terminé, ne parle pas beaucoup de ce qui s’est passé, sauf en ce qui peut contribuer à te rendre meilleur.

    Manuel, XXXIII, 9
  • Il n’est pas nécessaire d’aller souvent au spectacle. S’il le faut, ne t’intéresse sérieusement qu’à toi-même, c’est-à-dire, désire simplement que les choses arrivent comme elles arrivent ; ainsi tu ne seras pas contrarié.

    Manuel, XXXIII, 9
  • Si l’on vient te dire qu’un tel dit du mal de toi, ne cherche point à te justifier sur ce qu’on te rapporte, réponds seulement : « Il faut qu’il ne soit pas au courant de ce qu’on peut encore dire sur mon compte ; autrement il ne se serait pas borné là. »

    Manuel, XXXIII, 8
  • Ne prends pour les besoins du corps que ce qui est strictement nécessaire, en fait de nourriture, de boisson, de vêtement, de logement, de domestiques. Tout ce qui est d’ostentation et de luxe, supprime-le.

    Manuel, XXXIII, 7
  • Refuse de venir aux repas où tu te trouverais avec des étrangers qui ne sont pas philosophes ; et si l’occasion l’exige, fais bien attention à ne pas tomber dans leurs manières.

    Manuel, XXXIII, 6
  • Dispense-toi de faire des serments, en toute circonstance, si cela se peut, ou au moins dans la mesure du possible.

    Manuel, XXXIII, 5
  • Ne ris pas beaucoup, ni de beaucoup de choses, ni avec excès.

    Manuel, XXXIII, 4
  • Si tu le peux, ramène par tes discours les entretiens de ceux avec qui tu vis sur des sujets convenables. Si tu te trouves isolé au milieu d’étrangers, garde le silence.

    Manuel, XXXIII, 3

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