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Auteurs de la Rome antique

Quintilien

Biographie

Quintilien est un rhéteur et pédagogue latin. Il est l'auteur d'un important manuel de rhétorique, l'Institution oratoire, dont l'influence sur l'art oratoire se prolongea pendant des siècles.

Quintilien est né vers 35 apr. J.-C., à Calagurris Nassica (aujourd'hui Calahorra), près de Logroño, dans la province romaine de Tarraconaise en Espagne. Le jeune Quintilien fait ses premières études à Rome où son père exerce la profession de rhéteur ou d'avocat. Il y acquiert une culture générale complète en suivant les leçons de Remmius Palæmon pour la littérature et de Domitius Afer et Servilius Nonianus pour l'éloquence. Avocat à Rome pendant quelques années, il regagne l'Espagne en 61 avec Galba que Néron vient de nommer gouverneur de la province de Tarraconaise. Pendant sept ans, il y est professeur d'éloquence et avocat. Il rentre à Rome en 68, après l'assassinat de Néron, lorsque Galba est nommé empereur : il y exercera la double profession de rhéteur et d'avocat pendant vingt ans.

Un petit opuscule de Quintilien, intitulé Sur les causes de la corruption de l'éloquence (De causis corruptæ eloquentiæ), est perdu. On a voulu l'identifier, à tort, avec le Dialogus de oratoribus de Tacite.

Son œuvre la plus importante reste le De institutione oratoria, qu'on traduit souvent par Institution oratoire, ou De l'institution oratoire, au sens humaniste du terme, c'est-à-dire Au sujet de la formation de l'orateur. L'œuvre compte 12 livres qui nous sont intégralement parvenus.

Un recueil de déclamations a été faussement attribué à Quintilien : ce recueil correspond à des exercices d'école. On y trouve un résumé, un canevas et un développement. On dénombre 19 declamationes maiores et 145 declamationes minores.

Œuvres

Institution oratoire

Ses citations

(68)
  • La douleur ou la crainte fait faire aux enfants des choses, qu'on ne saurait honnêtement rapporter, et qui ne tardent pas à les couvrir de honte.

    Institution oratoire, III, 16
  • On peut dire qu'aujourd'hui c'est plutôt la négligence des pédagogues qu'on punit dans les enfants, puisqu'on les châtie, non pour les forcer à bien faire, mais pour n'avoir pas fait.

    Institution oratoire, III, 15
  • Il y a une chose que je condamne absolument, quoique l'usage l'autorise et que Chrysippe ne la désapprouve pas : c'est de fouetter les enfants.

    Institution oratoire, III, 14
  • On ne saurait donc avertir trop tôt un enfant de ne rien faire avec passion, avec méchanceté, avec emportement ; et il faut se souvenir toujours de ce mot de Virgile : Tant de nos premiers ans l'habitude a de force !

    Institution oratoire, III, 13
  • Vous parviendrez plutôt à rompre qu'à redresser ce qui a crû dans une mauvaise direction.

    Institution oratoire, III, 12
  • C'est aussi dans le jeu que les inclinations se décèlent avec le plus de naïveté, pourvu qu'on se souvienne qu'il n'est pas d'âge si tendre qui ne sache discerner le bien du mal.

    Institution oratoire, III, 12
  • Trop de travail ferait prendre aux enfants l'étude en aversion ; trop de délassement leur ferait contracter l'habitude de l'oisiveté.

    Institution oratoire, III, 11
  • L'amour du jeu ne me déplaît pas dans les enfants, il est même un signe de vivacité. Un enfant que je verrais toujours morne, abattu et fuyant les ébats de cet âge, me donnerait une mauvaise idée de son activité pour les exercices de l'esprit.

    Institution oratoire, III, 10
  • Les enfants se remettent avec plus de vigueur au travail quand ils sont, pour ainsi dire, renouvelés et rafraîchis, et que l'air de la liberté a retrempé leur âme.

    Institution oratoire, III, 9
  • Il faut accorder à tous quelque relâche, non seulement parce que rien n'est à l'épreuve d'un travail continu, et que les choses même privées de sentiment et de vie ont besoin d'une alternative de repos, qui les détende en quelque sorte, pour se conserver.

    Institution oratoire, III, 8
  • L'ambition sera son aliment : un reproche le piquera au vif, l'honneur l'aiguillonnera. Jamais je ne craindrai la paresse dans un enfant de cette nature.

    Institution oratoire, III, 7
  • La crainte retient les uns, elle énerve les autres.

    Institution oratoire, III, 6
  • Celui dont je me fais l'idée comprendra sans peine ce qu'on lui enseigne, il interrogera même quelquefois ; mais son allure sera plutôt de suivre que de courir en avant. Ces espèces d'esprits précoces n'arrivent presque jamais à maturité.

    Institution oratoire, III, 3
  • L'enfant vraiment spirituel, comme je l'entends, sera bon avant tout. Autrement, j'aimerais autant qu'il eût l'esprit lourd que de l'avoir méchant.

    Institution oratoire, III, 2
  • Le principal indice de l'esprit dans le jeune âge, c'est la mémoire, laquelle consiste à apprendre aisément et à bien retenir.

    Institution oratoire, III, 1
  • Un maître habile doit commencer par bien connaître l'esprit et la nature de l'enfant qui lui est confié.

    Institution oratoire, III, 1
  • L'éloquence n'existerait pas sur la terre, si l'on n'avait jamais à parler qu'en particulier.

    Institution oratoire, II, 31
  • Plus l'âme est généreuse et élevée, plus il lui faut de puissants leviers pour l'ébranler. C'est pour cela que la louange lui donne plus d'essor, que la lutte redouble ses forces, et qu'elle se complaît dans les grands rôles.

    Institution oratoire, II, 30
  • Le véritable foyer de l'éloquence, c'est l'âme : il faut qu'elle soit émue, il faut qu'elle se remplisse d'images, et qu'elle s'identifie pour ainsi dire avec les choses dont on a à parler.

    Institution oratoire, II, 30
  • Le maître ne peut parler avec la même force et la même chaleur en présence d'un seul élève, que s'il était animé par la présence d'un nombreux auditoire.

    Institution oratoire, II, 29

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