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Auteurs de la Grèce antique

Pseudo-Phocylide

Biographie

Le Pseudo-Phocylide est un poète probablement juif de langue grecque, auteur d'un long poème de maximes rédigé entre 50 av. J.-C. et 50 ap. J.-C. qu'il attribue à Phocylide de Milet, un poète grec du milieu du Ve siècle av. J.-C.

Dans l'Antiquité tardive on aimait bien utiliser pour les œuvres pseudépigraphes le nom de personnes célèbres des anciens temps. Pour le choix du nom de Phocylide on peut trouver des raisons évidentes. On devinait tout de suite que ce poème était une collection de paroles de sagesse utiles dans la vie de tous les jours, car Phocylide était justement connu pour en avoir écrit. Et l'ouvrage recevait le halo des jours anciens et vénérés puisque Phocylide avait été le contemporain de Théognis, lui aussi célèbre, et n'avait vécu qu'une bonne centaine d'années après Homère et Hésiode.

L'auteur du pseudo-Phocylide a utilisé deux moyens pour camoufler son pseudonymat. D'abord Phocylide avait signé Pde son nom ses maximes, dont nous ne possédons que 15 ou 16, en écrivant au début : Également ceci de Phocylide... (Και τόδε Φωκυλιδεω). De la même façon le plagiaire, en se montrant un peu plus emphatique, a commencé ainsi son poème: Ces conseils... sont dus à Phocylide, le plus sage des hommes. Ensuite le deuxième moyen, encore plus important, a été l'emploi d'une langue archaïsante. Comme Phocylide, il a écrit en hexamètres et dans le dialecte ionien, que savaient et reconnaissaient tous ceux qui s'étaient frottés à l'Iliade et à l'Odyssée.

C'est bien pendant 1500 ans qu'on a cru à cette présentation factice du début du poème. Encore au XVIe siècle, il a été souvent réimprimé et considéré comme une lecture scolaire respectable du fait de son ancienneté, et en même temps agréable et d'une parfaite moralité. En 1607 seulement Joseph Scaliger, un érudit, a remarqué la différence de langue par rapport aux mots courts de Phocylide. Les allusions à la Bible dans le texte lui firent conclure que l'auteur devait être un juif ou un chrétien. D'un seul coup le monde savant perdit tout intérêt pour ce poème.

En 1856 un juif orthodoxe spécialisé dans la philologie classique, Jacob Bernays, ressuscita l'intérêt pour ce poème en lui consacrant un article savant qui reste encore valable de nos jours. Il a montré que son berceau spirituel se situait dans le judaïsme hellénistique et a étudié de façon fouillée les parties bibliques et juives du poème. Dans les études et les commentaires publiés depuis, la théorie de l'auteur juif s'est de plus en plus imposée. Il n'est plus possible aujourd'hui de la négliger pour quiconque s'occupe de la sagesse juive hellénistique et de la relation entre l'éducation ancienne chez les Juifs et chez les Grecs et l'instruction ultérieure chez les Juifs.

La tradition manuscrite du poème comprend probablement 219 vers originaux, qui avec les additions ultérieures et les doublons sont numérotés de 1 à 230.

Œuvres

Sentences

Ses citations

(75)
  • Vivre avec des criminels, c'est s'exposer à mourir avec eux.

    Sentences attribuées à Phocylide, LXIII
  • C'est se rendre coupable que de cacher un scélérat et de procurer au crime l'impunité.

    Sentences attribuées à Phocylide, LXIII
  • Ne te pique pas d'une ambitieuse et bruyante éloquence. Ne cherche pas à briller par tes discours, mais à les rendre utiles.

    Sentences attribuées à Phocylide, LXII
  • L'homme qui n'a que de la force ne peut se mesurer avec le sage. C'est la sagesse qui règle les travaux du laboureur, c'est elle qui régit les cités, elle qui dompte les mers.

    Sentences attribuées à Phocylide, LXI
  • La sagesse est inspirée par Dieu même. Rien n'est supérieur à la raison qui le conduit.

    Sentences attribuées à Phocylide, LXI
  • Dieu a distribué des armes à tout ce qui existe. L'oiseau a reçu la vitesse et le lion la force, le taureau se défend par ses cornes et l'abeille par son aiguillon. La raison est la défense de l'homme.

    Sentences attribuées à Phocylide, LX
  • La raison est une arme plus pénétrante que le fer.

    Sentences attribuées à Phocylide, LIX
  • Apprends à te conformer aux circonstances et ne souffle pas contre le vent. Un instant amène la douleur, un instant amène la consolation.

    Sentences attribuées à Phocylide, LVIII
  • Ne te laisse pas accabler par le malheur ni transporter par les événements heureux. Il faut se défier souvent dans la vie de ce qui parait le plus assuré.

    Sentences attribuées à Phocylide, LVII
  • Mortels nous avons peu de temps à vivre ; quelques instants nous sont accordés, mais l'âme n'éprouvera pas de vieillesse et jouira d'une éternelle vie.

    Sentences attribuées à Phocylide, LVI
  • Tous les morts sont égaux et Dieu commande aux âmes. Tous seront reçus dans les demeures éternelles, tous auront une commune patrie et les mêmes lieux attendent et les pauvres et les rois.

    Sentences attribuées à Phocylide, LV
  • N'épargne pas tes vaines richesses. Souviens-toi que tu es mortel. Jouirons-nous de nos richesses dans les enfers, emporterons-nous nos trésors ?

    Sentences attribuées à Phocylide, LIV
  • Ne montre point au soleil ce qui doit être caché et n'attire point sur ta tête la vengeance divine.

    Sentences attribuées à Phocylide, LII
  • Accorde un peu de terre aux morts privés de sépulture et ne trouble point la paix des tombeaux.

    Sentences attribuées à Phocylide, LII
  • Conserve la modération, même dans les sacrifices que tu offres aux dieux.

    Sentences attribuées à Phocylide, LI
  • Ne mets pas ta confiance dans le peuple ; il est toujours inconstant. Le peuple, le feu et l'eau ne peuvent être domptés.

    Sentences attribuées à Phocylide, L
  • N'attire pas dans ta société de flatteurs parasites ; ils n'aiment que la bonne chère, achètent un bon repas par leurs lâches caresses, se piquent aisément et ne sont jamais satisfaits.

    Sentences attribuées à Phocylide, XLIX
  • L'ignorant est incapable d'entendre les choses élevées ; on n'est propre à rien quand on n'a pas cultivé son esprit.

    Sentences attribuées à Phocylide, XLVIII
  • Il n'appartient qu'au sage d'enseigner la sagesse et qu'à l'artiste de prononcer sur l'art.

    Sentences attribuées à Phocylide, XLVII
  • Ne permets point à l'ignorant de remplir les fonctions de juge.

    Sentences attribuées à Phocylide, XLVI

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