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Auteurs de la Grèce antique

Épictète

Biographie

Épictète, qui signifie « homme acheté, serviteur » en grec, est un philosophe de l'école stoïcienne. Sa vie est relativement peu connue, et il ne laissa aucune œuvre écrite de sa main. Son disciple Arrien assura la transmission de son œuvre en publiant les notes prises lors des leçons de son maître, en huit livres, dont la moitié sont aujourd'hui perdus, ainsi qu'un condensé de doctrine morale, le Manuel, textes qui eurent une influence certaine sur Marc Aurèle.

Épictète met fortement en avant la partie éthique de la philosophie. Bien qu'il enseigne également la logique stoïcienne, il insiste fortement sur la prépondérance de l'action, et sa philosophie est avant tout pratique. Fidèle aux conceptions traditionnelles de l'école du portique, il présente l'Homme comme soumis au destin ordonné par les dieux. Son enseignement se veut une méthode pour atteindre le bonheur par l'ataraxie, la paix de l'âme en acceptant, avec courage et amour, tout décret du destin inexorable, en accomplissant loyalement son devoir en dépit des circonstances, et en agissant avec bienveillance envers les autres Hommes.

Œuvres

Manuel d'Épictète, Entretiens d'Épictète

Ses citations

(57)
  • Quant aux libations, aux sacrifices, aux offrandes, il faut toujours suivre les lois de sa patrie, être en état de pureté, n’avoir pas de nonchalance ni de négligence, ne pas rester trop en deçà de ses moyens ni aller au delà.

    Manuel, XXXI, 5
  • La piété est fondée sur l’intérêt ; par conséquent, quand on s’applique à donner la direction qu’il faut à ses désirs et à ses aversions, on s’applique par là même à être pieux.

    Manuel, XXXI, 4
  • Il est impossible à celui qui croit qu'on lui nuit, d'aimer ce qui paraît lui nuire, comme il est impossible d'aimer le dommage en lui-même.

    Manuel, XXXI, 3
  • Tout être animé est naturellement porté à fuir et à éviter ce qui lui paraît un mal et ce qui le cause, et d’autre part, à rechercher et à aimer ce qui lui parait un bien et ce qui le procure.

    Manuel, XXXI, 3
  • Sache que le fond de la piété envers les dieux, c'est d’en juger sainement, de penser qu'ils existent et qu'ils gouvernent l'univers avec sagesse et avec justice.

    Manuel, XXXI, 1
  • Si tu prends l'habitude de considérer les rapports de corrélation qui sont entre toi et un autre en tant que voisin, concitoyen, préteur, tu trouveras quel est ton office.

    Manuel, XXX
  • — « Mon frère me fait tort. » — Eh bien, alors observe les rapports qui sont établis entre toi et lui ; ne t'occupe pas de ce qu'il fait, mais de ce que tu dois faire pour que ta volonté soit dans un état conforme à la nature.

    Manuel, XXX
  • C'est ton père ; il t'est prescrit d'en prendre soin, de lui céder en tout, de supporter ses injures, ses coups. — « Mais c'est un mauvais père. » — Est-ce avec un bon père que la nature t'a mis en rapport intime ? C'est avec un père.

    Manuel, XXX
  • Il faut cultiver ou ton âme ou les choses du dehors, t'appliquer ou aux choses intérieures ou aux choses extérieures, c'est-à-dire, rester ou philosophe ou non philosophe.

    Manuel, XXIX
  • Ne fais pas comme les enfants ; ne sois pas maintenant philosophe, ensuite percepteur, puis rhéteur, puis procurateur de César. Tout cela ne saurait s'accorder. Il faut que tu sois un, ou vertueux ou vicieux.

    Manuel, XXIX
  • Examine d'abord ce que c'est que d'être philosophe ; ensuite étudie ta propre nature, pour voir si tu es de force.

    Manuel, XXIX
  • Dans toute affaire, examine bien les antécédents et les conséquents, et alors entreprends.

    Manuel, XXIX
  • Si on confiait ton corps au premier venu, tu serais indigné ; et toi, quand tu confies ton âme au premier venu, pour qu'il la trouble et la bouleverse par ses injures, tu n'en as pas de honte ?

    Manuel, XXVIII
  • Comme on ne place pas de but pour qu'on le manque, de même le mal de nature n'existe pas dans le monde.

    Manuel, XXVII
  • On peut reconnaître ce que veut la nature aux choses sur lesquelles nous ne différons pas d'avis entre nous.

    Manuel, XXVI
  • Tu seras injuste et insatiable, si, sans avoir payé le prix, tu veux recevoir pour rien ce qu'il vend.

    Manuel, XXV
  • Souviens-toi que quand tu ne fais pas la même chose que les autres pour avoir ce qui ne dépend pas de nous, tu ne peux pas prétendre en avoir autant.

    Manuel, XXV
  • Que préférez-vous donc ? de l'argent ou un ami loyal et réservé ? Aidez-moi donc plutôt à acquérir ce bien-là, et n'exigez pas que je fasse ce qui me le fera perdre.

    Manuel, XXIV, 2
  • Ne t'afflige pas par des raisonnements comme : « Je vivrai sans considération et je ne serai rien nulle part. » Si le manque de considération est un mal, tu ne peux souffrir de mal par le fait d'autrui, non plus que de honte.

    Manuel, XXIV, 1
  • S'il t’arrive de te tourner vers l'extérieur par complaisance pour quelqu'un, sois sûr que tu as perdu ton assiette. Contente-toi donc, partout, d'être philosophe. Si de plus tu veux le paraître, parais-le à toi-même ; et c'est suffisant.

    Manuel, XXIII

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