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Auteurs de la Grèce antique

Épictète

Biographie

Épictète, qui signifie « homme acheté, serviteur » en grec, est un philosophe de l'école stoïcienne. Sa vie est relativement peu connue, et il ne laissa aucune œuvre écrite de sa main. Son disciple Arrien assura la transmission de son œuvre en publiant les notes prises lors des leçons de son maître, en huit livres, dont la moitié sont aujourd'hui perdus, ainsi qu'un condensé de doctrine morale, le Manuel, textes qui eurent une influence certaine sur Marc Aurèle.

Épictète met fortement en avant la partie éthique de la philosophie. Bien qu'il enseigne également la logique stoïcienne, il insiste fortement sur la prépondérance de l'action, et sa philosophie est avant tout pratique. Fidèle aux conceptions traditionnelles de l'école du portique, il présente l'Homme comme soumis au destin ordonné par les dieux. Son enseignement se veut une méthode pour atteindre le bonheur par l'ataraxie, la paix de l'âme en acceptant, avec courage et amour, tout décret du destin inexorable, en accomplissant loyalement son devoir en dépit des circonstances, et en agissant avec bienveillance envers les autres Hommes.

Œuvres

Manuel d'Épictète, Entretiens d'Épictète

Ses citations

(69)
  • Si l’on vient te dire qu’un tel dit du mal de toi, ne cherche point à te justifier sur ce qu’on te rapporte, réponds seulement : « Il faut qu’il ne soit pas au courant de ce qu’on peut encore dire sur mon compte ; autrement il ne se serait pas borné là. »

    Manuel, XXXIII, 8
  • Ne prends pour les besoins du corps que ce qui est strictement nécessaire, en fait de nourriture, de boisson, de vêtement, de logement, de domestiques. Tout ce qui est d’ostentation et de luxe, supprime-le.

    Manuel, XXXIII, 7
  • Refuse de venir aux repas où tu te trouverais avec des étrangers qui ne sont pas philosophes ; et si l’occasion l’exige, fais bien attention à ne pas tomber dans leurs manières.

    Manuel, XXXIII, 6
  • Dispense-toi de faire des serments, en toute circonstance, si cela se peut, ou au moins dans la mesure du possible.

    Manuel, XXXIII, 5
  • Ne ris pas beaucoup, ni de beaucoup de choses, ni avec excès.

    Manuel, XXXIII, 4
  • Si tu le peux, ramène par tes discours les entretiens de ceux avec qui tu vis sur des sujets convenables. Si tu te trouves isolé au milieu d’étrangers, garde le silence.

    Manuel, XXXIII, 3
  • Garde ordinairement le silence, ou ne dis que ce qui est nécessaire et en peu de mots.

    Manuel, XXXIII, 2
  • Retrace-toi dès maintenant un genre de vie particulier, un plan de conduite, que tu suivras, et quand tu seras seul et quand tu te trouveras avec d’autres.

    Manuel, XXXIII, 1
  • Ne consulte les devins, comme le voulait Socrate, que sur les choses où tout se rapporte à l’issue, et pour lesquelles il n’y a ni raisonnement ni art quelconque qui donne le moyen de connaître ce qu’on veut savoir.

    Manuel, XXXII, 3
  • Aie donc confiance en recourant aux conseils des dieux ; et quand tu auras reçu ces conseils, il ne te restera plus qu’à ne pas oublier quels sont ceux qui te les ont donnés et à qui tu désobéirais, si tu ne les suivais pas.

    Manuel, XXXII, 2
  • N'aie, en te présentant au devin, ni désir ni aversion ; ne tremble pas en approchant, sois convaincu que l'événement quelconque qui sera annoncé est chose neutre qui ne te regarde pas.

    Manuel, XXXII, 2
  • Quand tu as recours à la divination, souviens-toi que, si tu ne sais pas quel sera l'événement, puisque tu viens auprès du devin pour l'apprendre, tu sais, avant de venir, de quelle nature sera cet événement, si du moins tu es philosophe.

    Manuel, XXXII, 1
  • Quant aux libations, aux sacrifices, aux offrandes, il faut toujours suivre les lois de sa patrie, être en état de pureté, n’avoir pas de nonchalance ni de négligence, ne pas rester trop en deçà de ses moyens ni aller au delà.

    Manuel, XXXI, 5
  • La piété est fondée sur l’intérêt ; par conséquent, quand on s’applique à donner la direction qu’il faut à ses désirs et à ses aversions, on s’applique par là même à être pieux.

    Manuel, XXXI, 4
  • Il est impossible à celui qui croit qu'on lui nuit, d'aimer ce qui paraît lui nuire, comme il est impossible d'aimer le dommage en lui-même.

    Manuel, XXXI, 3
  • Tout être animé est naturellement porté à fuir et à éviter ce qui lui paraît un mal et ce qui le cause, et d’autre part, à rechercher et à aimer ce qui lui parait un bien et ce qui le procure.

    Manuel, XXXI, 3
  • Sache que le fond de la piété envers les dieux, c'est d’en juger sainement, de penser qu'ils existent et qu'ils gouvernent l'univers avec sagesse et avec justice.

    Manuel, XXXI, 1
  • Si tu prends l'habitude de considérer les rapports de corrélation qui sont entre toi et un autre en tant que voisin, concitoyen, préteur, tu trouveras quel est ton office.

    Manuel, XXX
  • — « Mon frère me fait tort. » — Eh bien, alors observe les rapports qui sont établis entre toi et lui ; ne t'occupe pas de ce qu'il fait, mais de ce que tu dois faire pour que ta volonté soit dans un état conforme à la nature.

    Manuel, XXX
  • C'est ton père ; il t'est prescrit d'en prendre soin, de lui céder en tout, de supporter ses injures, ses coups. — « Mais c'est un mauvais père. » — Est-ce avec un bon père que la nature t'a mis en rapport intime ? C'est avec un père.

    Manuel, XXX

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