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Auteurs de la Rome antique

Sénèque

Biographie

Sénèque est un philosophe de l'école stoïcienne, un dramaturge et un homme d'État romain du Ier siècle. Il est parfois nommé Sénèque le Philosophe, Sénèque le Tragique ou Sénèque le Jeune pour le distinguer de son père, Sénèque l'Ancien.

Conseiller à la cour impériale sous Caligula et précepteur de Néron, Sénèque joue un rôle important de conseiller auprès de ce dernier avant d'être discrédité et acculé au suicide. Ses traités philosophiques comme De la colère, De la vie heureuse ou De la brièveté de la vie, et surtout ses Lettres à Lucilius exposent ses conceptions philosophiques stoïciennes. Pour lui, « le souverain bien c'est une âme qui méprise les événements extérieurs et se réjouit par la vertu. »

Ses tragédies constituent l'un des meilleurs exemples du théâtre tragique latin avec des œuvres qui nourriront le théâtre classique français du XVIIe siècle comme Médée, Œdipe ou Phèdre.

Sénèque est le représentant le plus complet de la doctrine stoïcienne, bien qu'il ne soit pas jugé comme le plus exact, car il n'est pas un simple interprète. Sur plus d'un point il s'émancipe et substitue à l'autorité des maîtres de la Grèce sa propre réflexion. En cela, on a pu juger qu'il était bien un Romain, « Je ne me suis fait l'esclave de personne, je ne porte le nom de personne ». (« Non me cuiquam mancipaui, nullius nomen fero. »)

Œuvres

De la vie heureuse, De la brièveté de la vie, Agamemnon, Les Phéniciennes

Ses citations

(167)
  • Dans tes chagrins personnels, ne donne à la douleur que ce qu'exige non l'usage, mais la raison. Car le grand nombre ne verse de larmes que pour être vu ; elles tarissent quand les témoins s'en vont.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Se tourmenter des misères d'autrui, c'est se vouer à d'éternels chagrins ; en faire un sujet de risée serait une jouissance barbare, tout comme c'est une stérile politesse que de verser des pleurs parce que le voisin enterre son fils.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Le plus sage est d'accepter tranquillement les mœurs communes et les vices des hommes sans se laisser aller ni aux rires ni aux larmes.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Le rire soulève une des plus légères affections de l'âme, il ne voit rien de grand, de sévère ni même de sérieux dans tout notre vain appareil.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • On commande le silence pour que les saintes pratiques puissent s'achever dans l'ordre prescrit sans que nulle voix profane les vienne troubler.

    De la vie heureuse, XXVI
  • Ôtez au sage les richesses, tous ses vrais biens lui resteront ; car il vit satisfait du présent, tranquille sur l'avenir.

    De la vie heureuse, XXVI
  • Il est plus noble d'être gagné par le rire que par les pleurs.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Il y a folie à pleurer ce qu'on désespère de réformer.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Un bon général ne croit jamais tellement à la paix qu'il ne se prépare à la guerre.

    De la vie heureuse, XXVI
  • Le sage ne pense jamais tant à la pauvreté que quand il nage dans l'opulence.

    De la vie heureuse, XXVI
  • Il faut tenir peu compte de quoi que ce soit et porter légèrement la vie ; le rire est ici plus humain que les larmes, et c'est mériter mieux de ses semblables de trouver en eux du plaisant que du triste.

    De la tranquillité de l'âme, XV
  • Détachons-nous entièrement du dehors pour revenir à nous : que sûre d'elle-même, heureuse et fière de ses avantages, notre âme se retire, le plus qu'elle pourra, de ce qui n'est pas elle, et qu'elle prenne en bonne part jusqu'à l'adversité.

    De la tranquillité de l'âme, XIV
  • Chez le sage, la richesse est esclave ; chez l'insensé, elle est souveraine ; le sage ne permet rien à la richesse.

    De la vie heureuse, XXVI
  • Nous emploierons en présence de la pauvreté les plus énergiques vertus, celles chez qui les attaques augmentent le courage ; et nous réserverons à la richesse les plus soigneuses, qui vont d'un pas circonspect et savent tenir leur équilibre.

    De la vie heureuse, XXV
  • Deux fléaux pour la paix de l'âme : ne pouvoir ni changer ses plans, ni souffrir son sort.

    De la tranquillité de l'âme, XIV
  • Prenons cette facilité d'humeur qui n'embrasse pas trop ardemment un premier projet ; passons de bonne grâce où le sort nous mène ; ne redoutons point de changer de vues ou d'état.

    De la tranquillité de l'âme, XIV
  • N'allez pas interpréter à faux ce que disent de moral, de courageux, de magnanime les aspirants de la sagesse ; et d'abord, prenez-y bien garde : autre est l'aspirant, autre est l'adepte de la sagesse.

    De la vie heureuse, XXIV
  • Les bienfaits du sage ne se jettent jamais à des hommes flétris et indignes, comme aussi jamais ne s'épuisent et ne s'éparpillent tellement, qu'à l'aspect de qui les mérite ils ne puissent plus couler à pleine source.

    De la vie heureuse, XXIV
  • Il faut bien que le regret d'avoir désiré en vain soit moindre chez l'homme qui ne s'est pas promis en tout cas le succès.

    De la tranquillité de l'âme, XIII
  • Celui qui entreprend beaucoup donne souvent prise à la Fortune ; le plus sûr est de la tenter rarement, de songer sans cesse à ses caprices et de ne se rien promettre de sa constance.

    De la tranquillité de l'âme, XIII

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